/DATE REPORTÉE./ Présentation de la thèse de Jules Hermelin « La fuite en avant des troupeaux humains-bovins (…) »

Présentation de la thèse de Jules Hermelin, docteur en anthropologie de l’EHESS, Financée par l’association Terroirs en Fête, partenaire de la Confédération paysanne du Finistère, dans le cadre d’une Convention Industrielle de Formation par la Recherche en Entreprise (CIFRE)

La fuite en avant des troupeaux humains-bovins.

Une anthropologie de la libéralisation du secteur laitier en Finistère (2014-2020)

Le jeudi 20 janvier 2022 à 20h00,

au Karaez Park, Cinédix, rue ar Piti Guéguen, 29 270 Carhaix

Entrée Prix libre

En 2020, cinq années après la fin des quotas laitiers européens, le Finistère ne compte plus que 2100 troupeaux laitiers. Ce sont 1 000 fermes de moins qu’en 2010, année du précédent recensement agricole. Entre temps, le paysage laitier a connu de profondes transformations. La fin des quotas laitiers a signé l’aboutissement de la libéralisation européenne, entraînant une chute du prix qui a accentué un malaise déjà profond dans les campagnes. Nombreux furent ceux qui, parmi les éleveurs, firent le choix d’arrêter prématurément leur activité en dépit de la passion qui les animait. La taille moyenne des troupeaux s’est agrandie, atteignant 75 vaches par ferme, soit vingt vaches de plus qu’en 2010. Jusqu’alors relativement homogène, l’élevage laitier finistérien voit désormais se côtoyer plusieurs « systèmes » très différents les uns des autres : la ferme intensive maïs/soja/herbe d’une soixantaine de têtes, le grand troupeau hors-sol, le grand troupeau herbager pâturant, le circuit-court, l’agriculture biologique, la traite robotisée, etc.

La thèse a été rédigée sous la direction de Birgit Müller (CNRS, EHESS), anthropologue et spécialiste des politiques agri-alimentaires internationales, et de Benoit De L’Estoile (CNRS, EHESS), anthropologue de l’économie et du politique. Ils présenteront les intérêts politiques et scientifiques de la thèse, tout en faisant le lien avec leurs propres travaux.

L’étude s’est faite sur un temps long. Elle a commencé en 2014 et s’est terminée en 2020. Elle a été menée sur la base d’entretiens et de stages de participation/observation dans des fermes laitières du Finistère. Elle cherche à comprendre l’attachement des éleveurs à leur activité, en partant de leur relation aux animaux. Elle fait le lien avec le contexte historique, économique et social qui amène les éleveurs à ne plus trouver de sens dans leur métier. Y sont notamment explorées, dans le détail, la relation que les éleveurs entretiennent avec les acheteurs de leur lait (privés et coopératifs) ainsi que les conséquences de la tentative de « saturer les bâtiments » pour essayer de « diluer les charges ».

La thèse brosse donc un portrait des années d’après-quotas, tout en proposant des pistes d’action collective pour redonner du sens au métier d’éleveur. En plus de la présentation des résultats de la recherche, quelques-unes de ces propositions politiques seront soumises à la discussion.

Nous vous invitons donc à venir nombreuses et nombreux, acteurs ou non du milieu agricole, afin de discuter des évolutions et de l’avenir d’une production essentielle pour notre territoire.
Contact : Benoit Collorec, 06 27 20 65 01

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