Le 1er octobre, le CIVAM du Finistère a organisé une journée d’échanges sur les systèmes herbagers sur la ferme de Jean-François et Olivier Glinec. Le thème de la journée était : « comment garder longtemps ses prairies productives ».

25 personnes sont venues à cette journée, donc 3 porteurs de projets et 2 stagiaires, qui ont pu profiter des échanges entre des producteurs expérimentés.

Après une présentation du réseau CIVAM et du CIVAM du Finistère, l’animateur a présenté les résultats économiques 2010 du Réseau Agriculture Durable (RAD), téléchargeable en cliquant sur ce lien. Ce réseau qui regroupe des fermes en systèmes herbagers confirme les meilleurs performances économiques de ces systèmes, qui ont de plus respectueux de l’environnement et créent plus d’emplois que les systèmes intensifs en intrants et en capitaux. Yann Evenat, l’animateur du GAB 29, a pu apporter des compléments techniques qui ont intéressés les éleveurs.

Jean-François et Olivier Glinec ont ensuite présentés le fonctionnement de leur exploitation, très économe mais efficace. Ils ne retournent jamais leurs pâtures, beaucoup ont plus de 20 ans et sont très productives, certains sur les pentes ont plus de 50 ans. Ils constatent qu’elles restent très productives, dans la limite d’un chargement à l’hectare raisonnable (soit 1,5 UGB/ha pour une pâture dans un système économe, ou 1UGB/ha pour un système en bio où les apports en NPK chimique sont interdits). Selon Jean-François, les techniques qui visent à dépasser ces seuils (sursemis, implantations de variétés de plantes particulières, etc.) sont vaines et coûteuses, il faut mieux laisser la flore naturelle s’intégrer dans la pâture avec le temps, qui va devenir de plus en plus productive.

Une étude de l’INRA (Balendent et Al., Loiseau et Al., 2002) montre que le stock d’humus des prairies augmentait pendant 80 ans (!) tant qu’on ne travaille pas le sol, pour atteindre un maximum et se stabiliser. Donc plus la prairie est âgée, plus l’humus du sol fourni d’azote à cette dernière. La difficulté étant d’accepter et de gérer la baisse momentanée de la production les années 4 et 5, et de résister à la tentation d’un retournement de la prairie, efficace (grâce au relargage de l’azote) mais coûteux. On peut booster la minéralisation de cet humus par l’apport de matière organique fraiche (bouse, pissa, lisier… ).

Les discussions ont ensuite porté sur l’importance du maintient du pH, et de l’entretien de la fertilité en phosphore et en potassium.

La journée s’est terminée par un échange des pratiques de chacun autour d’un verre de cidre, à l’abri car la journée fut humide !